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Danakil Danakil 'La Route des Songes' Interview
12/10/12 - Auteur(s) : LN avec Suzan

L'année 2011 aura été marquante pour le groupe Danakil: sortie de l'album "Echos du Temps" (qui remportera une Victoire du Reggae début 2012 dans la catégorie reggae français); tournée de plus de 100 dates, durant laquelle Natty Jean, rencontré à Bamako durant l'enregistrement de l'album, accompagne le groupe; décision de monter son propre label Baco Records; séparation de Keuj, le tromboniste, qui décide de partir faire un tour du monde… bref autant de raisons qui font l'intérêt du documentaire "La Route des Songes, Une Année en Tournée avec Danakil", réalisé par Hugo Bachelet et Matthieu Yakovleff pour Couac Productions. Ce docu est inclus dans le CD/DVD live "Danakil ON AIR à La Cigale", dans les bacs depuis le 5 octobre dernier. La dernier live enregistré et proposé en dvd par le groupe était celui du Cabaret Sauvage de novembre 2008. Tant de chemins avaient été parcourus depuis que le groupe a ressenti le besoin de proposer au public une nouvelle captation en cd/dvd, également réalisée par l'équipe de Couac, à l'occasion du live de Danakil le 10 mars 2012 à La Cigale. Le coffret propose ainsi plus une heure trente de son et plus de 3 heures d'images, dont il faut avouer qu'il est assez difficile de se lasser, tant la générosité et la spontanéité dégagée par le groupe est bien retranscrite, sans parler bien sûr de la qualité des productions musicales et des prestations live offertes. A l'heure où Danakil commence à penser à son nouvel album, qui sortira certainement en 2014, et étant entendu qu'il ne tournera pas ou peu en 2013, il voulait offrir à son public un objet qui bouclerait le travail accompli jusqu'ici.

Le 3 octobre dernier, Danakil et Couac Productions nous conviaient à une projection du documentaire, au cinéma La Pagode, situé devinez où, rue de Babylone, dans le 7ème arrondissement de Paris… Un beau bras d'honneur au système que de voir une bande de reggae men raconter leur histoire dans un lieu au nom si symbolique dans la culture reggae ! Les réalisateurs du docu Matthieu Yakovleff et Hugo Bachelet, ainsi que Mathieu Dassieu aka Dass, saxophoniste, manager du groupe et de Baco Records (label fondé par Danakil en 2012), ont accepté de s'entretenir avec nous de ce film, et de leur démarche.

Reggae.fr: Matthieu et Hugo, Danakil vous appelle les "Couac", pouvez-vous nous présenter Couac Productions ?
Matthieu Yakovleff (Couac Productions): Couac Productions est une société qu'on a montée après avoir été dans un cadre associatif pendant 8 ans. Elle réalise différents films dont la plupart sont relatifs à la musique actuelle, pour des groupes comme Danakil, Les Orgres de Barback, anciennement Les Têtes Raides ou encore La Phaze, ou des festivals, qu'on aime beaucoup filmer.

Comment avez-vous rencontré les Danakil ?
Matthieu Yakovleff: les membres de Danakil sont des amis de longue date, depuis le lycée. Ça fait une dizaine d'années qu'on les suit, on a réalisé le live au Cabaret Sauvage déjà pour eux en 2008, ainsi que tous leurs clips. C'est une amitié aussi bien professionnelle que personnelle.
Hugo Bachelet (Couac Productions): Cette relation avec Danakil participe aussi de la manière dont le groupe fonctionne et leurs réseaux, que ce soit les gars du merchandising ou les autres, ce sont tous des potes. Ça fonctionne comme ça avec Danakil.

Comment avez-vous eu l'idée de faire ce film documentaire?
Matthieu Yakovleff: A l'origine, pour le dvd du Cabaret Sauvage, on avait déjà fait un petit documentaire de 40 minutes qui accompagnait la réalisation de la captation là-bas. Mais on avait l'impression de ne pas être forcement rentré dans l'histoire du groupe et de ce que c'était Danakil. Ils étaient plus jeunes à cette époque ! Le documentaire se concentrait uniquement sur la date du Cabaret. En l'occurrence, on les a accompagnés sur plusieurs dates de la tournée qui accompagnait la sortie de l'album "Echos du temps" en 2011 afin de faire des teasers et des vidéos. Très rapidement, étant présents sur plusieurs dates et suivant la vie du groupe, on s'est rendu compte qu'il y avait quelque chose de plus important à montrer. Et connaissant Danakil de l'intérieur, on avait envie de réaliser un film qui montrait comment ils envisagent leur parcours, leur musique, ce qu'est le fait de monter un label etc. Il nous a semblé que c'était l'année à filmer.



Ce docu est inclus dans un dvd mais vous avez avec Baco Records l'idée d'une démarche de projection du film dans des salles… Pouvez-vous nous en parler et nous dire aussi comment ça s'est passé au niveau de la production du film ?
Mathieu Dassieu (Danakil): C'est une coproduction, on a tout fait ensemble. Concernant la démarche, disons qu'on a l'idée de projeter le film dans le cadre d'actions culturelles par exemple, avec les salles de musiques actuelles, avec les groupes locaux et éventuellement avec des associations audiovisuelles sur place, afin que la projection puisse donner lieu à un échange relatif à l'audio et la vidéo, mais aussi sur le fonctionnement du groupe, l'indépendance et l'autogestion.

Avez-vous filmé tout ce que vous vouliez et avez-vous rencontré des difficultés particulières?
Hugo Bachelet: Avec Danakil c'est assez simple. Ils oublient assez vite la caméra. Il y a certains membres qui sont plus aptes à dialoguer avec la caméra comme on le voit dans le film, il y en a d'autres qui sont plus en retrait quand la caméra est présente. Mais dans tous les cas on n'a jamais eu de problèmes pour filmer. C'est nous au moment du montage qui nous sommes posés des questions quant à ce qu'on allait montrer, ce qui avait du sens et ce qui allait apporter quelque chose au film.  Il y avait en effet une construction narrative à trouver, avec 80 heures de rush! Tout ce travail a été long et compliqué. Ça a pris 6 mois à peu près.

Les membres de Danakil ont-ils eu leur mot à dire sur le montage final ?
Hugo Bachelet: Le montage qu'on leur a montré a été reçu de manière positive à 98% je pense… il y avait très peu de choses qui les dérangeait. Ce qui a pu les déranger concernait plus des aspects techniques.
Mathieu Dassieu: Oui c'était plus sur des questions de sons que sur le fond et les images. C'est vrai que dès le début, vu qu'on est 12 dans le groupe, on est parti sur le principe que quoi qu'il se passe, on dit rien, dans la mesure où on leur fait confiance.
Matthieu Yakovleff: C'est vrai que ça a été beaucoup une question de confiance dans la mesure où ils nous ont laissés filmer, qu'ils savaient qu'on n'était pas là pour nuire au groupe. De notre côté, au moment du montage, on avait vraiment envie de montrer la vie de Danakil, de l'intérieur, de manière sincère, tel que nous l'avions vécue avec eux.
Hugo Bachelet: Mais ça veut pas dire qu'on se soit autocensuré non plus.

Quelles ont été vos inspirations au niveau de la cinématographie documentaire ?
Matthieu Yakovleff: Déjà ce qui est intéressant c'est qu'on sort deux documentaires pratiquement en même temps, un sur Danakil et l'autre sur les Ogres de Barback. On a vu beaucoup de documentaires musicaux bien sûr, mais souvent on a trouvé ça trop propres, trop mis en scène ou au contraire trop trash. On voulait retranscrire des images prises plus sur le vif tout en étant sincères, peu importe qu'une interview se fasse avec une caméra parfois tremblotante.
Hugo Bachelet: En effet pour le coup on l'a plutôt réalisé comme on le sentait plutôt que de s'inspirer à proprement parlé.

Qu'est-ce que ça fait d'être suivi par une caméra sur 20 dates ?
Mathieu Dassieu: Moi personnellement ça ne m’a pas dérangé. Après dans le groupe, comme disait Hugo, il y en a que ça bloque complètement et qui peuvent plus rien dire, y en a qui s'habituent, y en a même qui jouent avec et qui regrettent après ! Généralement au début ça saoule un peu mais très vite on oublie complètement.

Pendant la tournée et dans le film, la décision est prise par le groupe de monter son propre label. Qu'est-ce qu'être un groupe indépendant aujourd'hui ?
Mathieu Dassieu: On peut le résumer en disant qu'on peut faire ce qu'on veut, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Il y a plein de côtés positifs à cette liberté, que ce soit au niveau artistique ou marketing et communication. Le coup à l'époque d'une place achetée = un album offert venait du groupe (même si on bossait avec un autre label). Le revers de la médaille c'est qu'on n'a pas accès aux médias généralistes. Les gros indépendants ça n'existe pas vraiment. Ou alors on tombe dans les majors avec tous leurs réseaux. On peut dire que lorsqu'on est indépendant tout prend plus de temps mais tout est fait de façon plus authentique.

Tu évoques la médiatisation, et c'est là qu'on peut faire un point commun avec  le documentaire Rude Boy Story sur Dub Inc, de Kamir Meridja, qui traite notamment  de ce thème. Comment expliques-tu que le reggae en France ne fasse pas l'objet d'une couverture médiatique plus large que les médias spécialisés?
Mathieu Dassieu: Je crois  que le gens qui font la pluie et le beau temps sur le paysage musical en France, que ce soit en radio ou en télé, se comptent sur les doigts des deux mains. Il y a 3 ou 4 émissions télé incontournables et une dizaine d'émissions de radio qui constituent une petite sphère qui n'aime pas le reggae, lequel a une image marqué. Sans rentrer dans la théorie du complot, on peut dire quand même que ces gens là n'en n'ont rien à faire du reggae.





Ce manque de médiatisation n'a t-il pas un lien avec le fait d'être indépendant justement?
Mathieu Dassieu: Il y a un lien évident entre le fait de ne pas être dans une major et cette non médiatisation. Y a qu'à voir les artistes nommés aux Victoires de la Musique qui ne remplissent même pas des petites salles là où des groupes comme Dub Inc ou nous remplissons des Zéniths. Il y a beaucoup de copinage mais il y a aussi le côté militant et conscient de cette musique qui dérange à mon avis.
Matthieu Yakovleff: Je me demande quand même si ce problème de médiatisation ne vient pas des groupes eux-même. Comme ils sont arrivés à avancer sans elle, ils  continuent à marcher en parallèle et se disent que finalement ils n'ont pas besoin de cette couverture. Et pour faire référence au film sur Dub Inc, c'est intéressant quand Komlan explique qu'ils n'ont pas joué le jeu du single.
Mathieu Dassieu: Nous on l'a essayé le jeu du single à un moment pour le coup. On s'est imposé les contraintes du single pour passer en radio. Clairement on avait des morceaux avec un fort potentiel radiophonique. Pourtant ça n'a pas fonctionné… Par exemple même avec le format radio de "Quitter Paname" et le clip de la chanson, ça n'a pas marché. 
Hugo Bachelet: A la fois grâce à tout ça, et c'est ce qu'on voit dans "La Route des Songes" comme dans "Rude Boy Story", Danakil a développé un contact privilégié avec le public, que ce soit en direct ou via les réseaux sociaux. Dans le film sur Dub Inc, Mike de Sinsemilia explique bien qu'à partir du moment où son groupe a été médiatisé et a connu des succès commerciaux, et bien quelque part il l'a payé aussi…

Dans le film, on voit Keuj, le tromboniste, prendre la décision de quitter le groupe après la tournée. Il évoque sa nostalgie des petites scènes.
Mathieu Dassieu: c'est vrai… c'est quelque chose qu'on ressent tous. A la fois on ne s'est jamais complètement coupé des petites scènes. Par exemple là pour le dernier concert de l'été on est retourné au Booboozzz Bar à Biscarosse ! Et on sait très bien qu'on y retournera.

Par ailleurs, les petites scènes c'est quelque chose que vous retrouvez largement à l'étranger…
Mathieu Dassieu: Tout à fait, on a fait un club cette année à Montréal qui s'appelle le Balattou. On s'est retrouvé devant 80 personnes et on s'est éclaté…

Quel a été votre meilleur souvenir de tournage ?
Hugo Bachelet: En ayant vécu cette année avec eux et devant le départ imminent de Keuj, je dois dire que la dernière date de la tournée m'a marqué… Et c'est à ce moment-là que le film est devenu évident dans ma tête. J'ai aussi adoré les festivals tels que le Paléo. Les images des Francofolies sont très marquantes, même si ce n'est pas moi qui les ai filmées.

Quelle image as-tu plaisir à voir dans le film?
Mathieu Dassieu: ce n’est pas vraiment une image en particulier mais c'est plutôt l'osmose, l'ambiance au sein du groupe qui est sympa dans le film, qu'on ressent vraiment et qui est complètement à l'image du groupe. .
Matthieu Yakovleff: Je crois que c'est le compliment qui nous fait le plus plaisir d'ailleurs !

Merci Couac Productions, Baco Records et Danakil !

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