Les Gladiators débutaient il y a un mois ce qui serait la dernière tournée du vétéran Albert Griffiths. On a pu les voir à Paris lors d'un de ces concerts-adieu. Mais l'aventure Gladiators ne s'arrête pas là et la sortie de ce "Father and sons" vient nous confirmer que l'histoire ne fait que recommencer.
Albert Griffiths a le sentiment d'avoir fait sa part du boulot, d'avoir rempli sa mission. Il nous confiait en interview qu'il préférait désormais se consacrer à promouvoir les jeunes. Et c'est précisément ce qu'il fait en confiant le lead vocal des
Gladiators à son fils Al ainsi que la batterie à son autre fils Anthony. Aux premières notes de l'album, on ne se sent pas perdu et le son
Gladiators est toujours là avec une formation n'ayant guère changé (Gallimore Sutherland, Rudlowe Robinson, Earl 'Bagga' Walker, Vernon Sutherland, Clinton Rufus) à laquelle viennent s'ajouter des pointures comme Bongo Herman, Dean Frazer et ses amis aux cuivres.
On ne fait qu'apercevoir Albert Griffiths sur cet album. Sur
Promise me, premier morceau de l'album, les voix des deux générations sont mêlées et il est difficile de ne pas confondre la voix père avec la voix fils, notamment sur le bridge. Au total, 10 titres originaux accompagnés de 4 versions dubs des titres
Can't get around me (à la ligne de chant très
Griffiths ; Albert commence),
Bull Buck, titre et version un peu lassants sans cuivre comme sur
Captivity. Ainsi, quand reviennent les cuivres sur
Mercifull, c'est une libération qui vient au secours de la voix d'Al qui s'avère souvent peu assurée, essentiellement sur ce titre d'ailleurs où il semble atteindre difficilement les notes les plus hautes. De même, on ne peut s'empêcher de penser qu'il aurait été bon de refaire ses prises de voix sur
Attack où l'on entend une voix qui semble souffrir qui prétend pourtant être prête à 'attaquer' ; on lui préférera sa version. Le titre
Holding On est musicalement très agréable mais la ligne de chant d'Albert Griffiths, fatigué, ne parvient pas vraiment à se détacher du riddim. On retrouve néanmoins l'esprit
Gladiators, notamment grâce aux arrangements churs (Gallimore Sutherland, Rudlowe Robinson et Albert Griffiths). Une ambiance qui semble davantage recréée que spontanée mais rappelons que c'est en somme le tout premier album de Al Griffiths, donc très encourageant pour la suite.
A part, sa valeur symbolique, on aura du mal à comprendre la présence du jamaican slow
Farewell qui part loin des sphères reggae. Albert, à travers une chanson d'amour, explique sa nécessité de partir tout en rappelant qu'il reviendra bientôt "nous serrer dans ses bras". Le solo incessant de sax nous enferme dans un cliché romantique, peu commun dans le reggae militant des
Gladiators. L'album se termine sur
Good Old Days où l'on retrouve Al, très nostalgique qui, du haut de ses 25 ans, veut voir les bons vieux jours revenir. Un album qui s'insère bien dans la discographie
Gladiators sans pour autant représenter une bombe comme les Glads ont su en faire. Enfin, par cet album, le flambeau est transmis et on attend avec impatience le prochain pour mieux se prononcer sur ces
Gladiators, nouvelle génération.