Seven Seals – Stars
The Age of Venus Records
Sortie : 27/06/2005
Seven Seals ne vous dit rien ? Normal, c'est le nouveau nom adopté par Miniman, bien connu des amateurs de dub en France. Avec un beau parcours underground, Miniman s'est fait un nom en une petite dizaine d'années. Alors pourquoi en changer ? Le guitariste Sylvain Harrand est venu se greffer au projet de Roland Rougé (aka Miniman) et c'est ainsi qu'est né Seven Seals. Toujours dans une démarche mystico-dub, ce nouveau blaze (inspiré de l'Apocalypse) symbolise le renouveau. Après l'album remarqué "En Marche pour Sion", ce "Stars" est encore plus abouti et cohérent.
L'ensemble baigne dans une influence résolument UK électro-dub tout en y injectant des sons inattendus. La présence du guitariste est un véritable atout, capable des meilleurs solos comme de rythmiques originales. L'album s'amorce sur un downbeatdub intitulé
Au bord de l'eau. Le son est très riche et compact, n'oubliant aucune fréquence. Le tout premier beat arrive comme une déferlante alors que l'intro est très aérienne. Avec des morceaux comme
Amicalement dub (inspiré du thème d'Amicalement votre) ou
Real Steppa (inspiré de l'Empire Contre-Attaque), le combo excelle dans l'art de la transposition dub. On trouve aussi de nombreuses utilisations d'éléments de musique du monde, à l'image du
Neandertal Dub, méchamment bien construit sur fond de tablas. On peut aussi citer le non moins excellent
Stars avec flûte et sample de voix hindi ou encore
Observer, un stepper soutenu avec voix triturées dans tous les sens.
Sur
Groove in Paris, Seven Seals prouve ses multiples savoirs faire et le morceau emprunte bien plus à l'électro-ambiant qu'au reggae-dub. L'atmosphère n'est pas sans rappeler les productions du groupe Air avec une belle partie de piano acoustique, un morceau à part dans l'album.
Paradox est une exploration sonore avec ses caisses claires qui explosent et sa grosse caisse sur-dynamique. Le titre garde un skank spatial à base de flanger et une basse néanmoins très reggae dans l'écriture. Si les ambiances sont assez dark, l'ensemble est d'une cohérence rare où chaque morceau a sa propre identité. On sera particulièrement sensible à des réussites comme
Survive et son intro classique piano/violon malheureusement peu exploitée par la suite. Sur
Rolling Dub, Seven Seals s'enfonce encore plus dans l'indus avec des clavinettes boostées à la disto, doucement agressives. Le morceau de fin
Amour est lui aussi une grande réussite. Il conclut magnifiquement ce chapitre des sept sceaux (Seven Seals) de l'Apocalypse avec un piano rappelant l'influence de jazzmen comme Chick Corea.
Bref, parmi ces 13 morceaux, aucun n'est à écarter. Les titres donnés aux compositions donnent du sens et nous font mieux comprendre la démarche artistique. "Stars" n'est autre qu'une heure de bonheur, un superbe album de dub électro-acoustique, un art parfaitement maîtrisé. Un surdoué de plus dans le paysage du dub français.