Docteur Pablo mister Moses
Jeudi 22 novembre, le Vents du sud a accueilli le phénomène reggae-dub jamaïcain
Pablo Moses. Un monstre de scène pour une cure de bonnes vibes.
Docteur Pablo
« Ready, Aim, Fire ! ». Voilà à quoi a ressemblé la prestation du grand Moses. Un Pablo prêt à tout donner aux massifs, et à mettre le feu aux planches du Vents du Sud.
Sa prescription pour un show réussi : une énergie qui vient du cœur, un visage ensoleillé de mimiques endiablées, et un jeu de scène vitaminé ; le tout empreint évidemment d’une vibration « Natural Mystic ». Côté son, un flow toujours aussi incisif et des riddims explosifs.
Diagnostic : Cette injection de bonnes vibes a su convaincre les sceptiques et transporter les accros. Backé par Yeliba (composé des musiciens du chanteur Seyni en première partie), l’artiste a en effet donné tout son sens à l’enthousiasme des gens dans le public. Et lorsque le show touche à sa fin, les craintes d’une membre de la foule se font entendre : « J’ai peur qu’il ne fasse pas de rappel et qu’il soit plus là pour le business plus que pour autre chose… » se désole Myriam, fan invétérée de ce rasta man. Mais docteur Pablo viendra vite soigner ses peines et faire monter à nouveau le thermomètre de la salle. Un rappel de qualité qui en dit long sur le respect que le bonhomme a envers son public de ce soir « Quand je regarde leurs yeux et qu’ils regardent les miens, ils peuvent voir que je ne suis pas faux ; les gens voient quand tu es authentique ou pas » confiera-t-il plus tard, « J’ai réellement une relation spéciale avec le public français, continuelle et positive » continuera-t-il.
Car c’est avant tout une rencontre particulière, entre un public généreux et un Pablo fraternel, qui a eu lieu durant cette soirée wicked…
Mister Moses
Et puis le ton de Pablo Henri se pose. Le show est fini : les spots colorés laissent place à la lumière blanche de sa chambre d’hôtel et le Hulk de la scène se transforme en un serein prophète de la tolérance et de la paix dans le monde. Dans la continuité de sa première chanson « I man a grasshopper », il continue à dénoncer les maux de la société. Dans la continuité de sa réflexion sur le sort de l’homme noir et de la Jamaïque, qu’il a entamé en musique avec son premier album « Revolutionary dream », il raconte en backstage d’une voix chaude et roque comment il perçoit l’environnement d’aujourd’hui : « Je ne veux plus de toutes ces discriminations ni de ces oppressions » insiste-t-il.

Déjà en 1983 il imaginait le devenir de ce monde avec son album « In the future » : « Malheureusement, les tensions ne cesseront d’avoir leur place dans le futur ». En musique ou en coulisse, Pablo Henri se confie et prêche la bonne parole : « j’ai une mission particulière en tant que rasta man ».
Ce soir là, Moses a ouvert la voie à une nouvelle série de lyrics sincères et imagés : de « Ready, Aim, Fire » à « Pave the way »… tout fut Irie.