RIP Derrick Harriot
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RIP Derrick Harriot

26 Octobre 2026

Derrick Harriott s'est éteint samedi 24 octobre 2026 à son domicile de Kingston, à l'âge de 87 ans. Malade depuis un moment, le chanteur et producteur jamaïcain avait été hospitalisé à deux reprises depuis le mois d'août. Avec lui disparaît l'un des derniers grands témoins de la musique populaire jamaïcaine, de l'avant-ska jusqu'au dub.

Né à Kingston le 6 février 1939, le même jour que Bob Marley, Derrick Harriott fait ses premières armes à l'Excelsior High School en duo avec son camarade Claude Sang Jr. Lorsque ce dernier part étudier à l'étranger en 1958, il monte les Jiving Juniors, un quartet vocal nourri de doo-wop et de rhythm'n'blues américain, avec Eugene Dwyer, Maurice Wynter et Herman Sang. Parti tenter sa chance aux États-Unis dès 1959, il relance le groupe à New York avec un nouveau line-up, jusqu'à sa dissolution en 1962.

Commence alors une carrière solo jalonnée de succès : I Care, What Can I Do, The Jerk, I'm Only Human… Mais c'est aussi derrière la console que Harriott s'impose. Avec son label Crystal, il fait partie des premiers artistes jamaïcains à produire eux-mêmes leurs disques. En pleine vague rocksteady, il lance la sous-étiquette Move & Groove et s'appuie sur la guitare de Lynn Taitt, signature de ses productions de l'époque. On lui doit notamment Stop That Train de Keith & Tex, Singer Man des Kingstonians, Penny For Your Song des Federals ou encore les premiers tubes d'un jeune Dennis Brown, Lips Of Wine et Silhouette.

Le virage reggae ne le prend pas de court. Avec son backing band The Crystalites, il signe des instrumentaux redoutables comme The Undertaker et l'album Psychedelic Train, gros vendeur chez Trojan au Royaume-Uni en 1970. Cette année-là, le magazine Swing le sacre meilleur producteur de l'île. Il compte aussi parmi les premiers à confier ses bandes à King Tubby, dont le travail donnera Scrub-A-Dub en 1974, l'un des tout premiers albums de dub. En 1988, il retrouve le haut des charts avec Starting All Over Again, en duo avec Yellowman, sur les ravages de l'ouragan Gilbert.

Interprète de classiques comme The Loser, Walk The Streets ou Solomon, Derrick Harriott tenait encore récemment son magasin de disques sur Constant Spring Road, à Kingston. Décoré par le gouvernement jamaïcain en 2009, il avait reçu dix ans plus tard un prix pour l'ensemble de sa carrière aux JaRIA Awards.

Il laisse derrière lui huit enfants, des petits-enfants et arrière-petits-enfants, ainsi que sa sœur aînée Loy, 97 ans. Toute l'équipe de Reggae.fr adresse ses pensées à ses proches.

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Par Reggae.fr
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