L'évènement était de taille, Groundation en concert pour la première fois à Paris ! Ce groupe californien a créer la surprise avec un son roots comme on en faisait dans les 70's allié à un jazz que chaque membre du groupe porte en lui. Le résultat était déjà réussi sur les albums studio, la performance live apporte une autre dimension au groupe...
La soirée a commencé avec les Djin's (Hammerbass) dont la réputation n'est plus à faire. Précis sur le riddim ! Mais j'avoue que je suis arrivé un peu tard pour pouvoir me prononcer sur leur prestation. En tout cas les massives étaient venus nombreux et la température a rapidement augmenté ! Le Glaz'Art était complet et l'est aussi ce soir. Une date a été rajoutée le 19 décembre. Allez-y !
remettre les choses dans leur contexte
A 22h30,
Groundation monte sur scène sous les greetings d'un public déjà conquis (on a croisé des gens qui avaient fait des kilomètres pour être là !). Dès les premières notes, l'énergie est là et la voix d'Harrison Stafford est un vrai bonheur. Un premier morceau tiré de leur deuxième album "Each One Teach One". Ryan Newman, casquette vissée sur la tête, semble ravi et se concentre sur ses lignes de basse, dynamiques et à la fois bien écrasées. Au deuxième morceau, il lance
Walk the proud land, un hommage à Marley dès le début du concert afin de remettre les choses dans leur contexte. Harrison excelle littéralement en parvenant à donner une version personnelle sans s'éloigner de l'originale.
Groundation retourne aux sources du reggae tout en y injectant une écriture musicale très jazz.
Dem Rise, le morceau suivant, tiré de leur dernier album "We free again" en est une illustration parfaite. C'est un nyabinghi à 5 temps (et non 4) qui commence biensûr aux percus. Le son de la section rythmique rappelle vraiment celui de groupes comme les
Wailers ou les Roots Radics. Marcus Urani (membre fondateur avec Harrison et Ryan) choisit des sons de claviers qui créent la qualité du son général.
moments improvisés
Harrison, au chant lead et guitare rythmique est impressionnant d'aisance sur le skank qu'il prend soin de varier régulièrement. Autre morceau choisi du dernier album,
Suffer the right, où la choriste parvient à reproduire les choeurs initialement assurés par Apple Gabriel. Les passages solos de
Don Carlos et Apple sont repris par Harrison pour notre plus grand plaisir. Le tracklist est bien fait et l'ambiance, à aucun moment, ne retombe. Même sur des morceaux plus lents comme le spirituel
Nyabinghi order ou
One more day (Live it up), l'attention est toujours là et tout le monde comprend qu'avec le nombre de moments improvisés, on est en train de vivre un instant privilégié. David Chachere à la trompette dépense une énergie dingue en enflammant le Glaz'Art avec des solos qui trouvent parfaitement leur place ici mais passeraient très bien aussi en free jazz. Sur
Waterfall, il nous offre un solo trompette jazzy avec sourdine. Il fait les choeurs et quelques percus à main avec le tromboniste. Le jeune Kelsey Howard au trombone est lui aussi un sur-doué de la musique qui a parfaitement compris le langage du reggae.
Hebron
Harrison s'arrête entre deux morceaux pour remercier le public et dire qu'il est très honoré d'être ici avant d'enchaîner sur
Music is the most high. Les morceaux issus de l'album "Hebron Gate" sont particulièrement appréciés. Il faut dire que ce sont des morceaux énormes avec des dynamiques comme seul ce groupe sait en produire. La version qu'il joue ce soir-là de
Hebron est wickeed ! Sur
Freedom taking over et
Undivided, Harrison sort la voix de tête qu'on lui connaît. Ils n'oublient pas le dub comme sur
Something more. Bref, près d'une heure et demie passée avec
Groundation et pour l'avoir vu, je peux vous garantir que c'est un moment fort pour ceux qui aiment la musique. Ils quittent la scène alors que les massives se déchaînent.
de nouveaux horizons
Le plus de la soirée, le rappel.
Get up stand up avec intro cuivres d'entrée ! La version est excellente et témoigne d'une écoute approfondie de différentes versions concerts de
Bob Marley. Ils finissent avec deux autres morceaux de leur répertoire avant de disparaître. Vous aurez compris qu'on a adoré le concert, que le groupe est super carré et le chanteur très inspiré.
Groundation était présenté comme le renouveau du reggae roots, sans coller d'étiquette on reconnaîtra qu'ils font avancer le style et lui offre de nouveaux horizons. Des extraits de ce concert seront bientôt disponibles en vidéo sur reggae.fr...