Third World c’est “96° in the Shade”, probablement l’un des morceaux reggae
roots les plus appréciés par le grand public. Et puis
Third World c’est
également un choix de carrière qui les mène du roots à la variété rn’b et
pop dès les années 80. Depuis, et malgré quelques tournées, le groupe est
resté dans cette posture qui a déçu les amateurs de roots mais semble-t-il
ravi une partie du grand public (notamment le public américain qui a nommé
le groupe de nombreuses fois aux Grammy Awards). Alors ce nouvel album ?
Pour être honnête on est dans la même dynamique. Côté positif de bons
morceaux roots comme « Love in the Air », en duo avec
Beres Hammond, «
Writings on the Wall », en duo avec
Wayne Marshall. Là rien à dire c’est du
bon roots, voire du très bon. Un peu moins bons mais intéressant, «
Butterflies and Rain », « Rise up » et « Black Gold & Green » s’écoutent
facilement. A côté de ces morceaux, il y en a d’autres plus surprenants (pas
forcément dans le bon sens du terme) comme le slow « There’s a reward »,
nu-soul voir rn’b. Dans la même veine, « Lovers in a Dangerous Time » et «
Runaround » ne s’imposent pas malgré des arrangements vocaux parfait. Car il
faut le reconnaître la production est de haut niveau. Le son est
parfaitement arrangé (ce qui ne plaît pas forcément à un amateur de roots
qui recherche une marque sonore identifiable). « Black Gold & Green » est
lui un savant mélange zouk et reggae qui ne prend pas le meilleur des deux
styles. Les avis sont donc divergents en fonction des morceaux, ce qui n’est
pas surprenant pour un album de
Third World. Et puis il y a un drame : le
massacre de Fade Away avec un duo avec les chanteurs de Sinsémilia. On a
rien contre les Sinsé, qui sont bons dans leur style rock festif et engagé
mais là c’est à la limite de l’assassinat d’un riddim mythique. Faut arrêter
! Heureusement le dernier titre de l’album revient sur ce riddim sans Riké
et Mike. Ouf. Donc pour les amateurs de
Third World, ceux qui connaissent
leur style et qui le suivent depuis longtemps.