Lee Perry : son ascension dans le milieu de l'art contemporain
Roots 23

Lee Perry : son ascension dans le milieu de l'art contemporain

1 Décembre 2023

La face B de Lee « Scratch » Perry : son ascension dans le très sélect milieu de l’art contemporain

 An English, revised and expanded version of this article is available here : "The Rocket-Like Rise of Lee Scratch Perry into the Contemporary Art World"

Lee Perry : l’artiste pop


À la fois danseur, chanteur, musicien, producteur, excentrique, visionnaire, chamane et génie, Lee « Scratch » Perry est à la musique jamaïcaine, diront certains, ce que Sun Ra est au free jazz, George Clinton au funk ou Salvador Dali à la peinture. Né en 1936, dans la petite ville de Kendal en Jamaïque, Lee « Scratch » Perry a participé de manière concrète à chacune des étapes importantes de l’histoire de la musique jamaïcaine. Véritable pilier du reggae et du dub, ses innovations ont marqué de leurs empreintes de nombreux autres genres musicaux de par le monde, parmi lesquels : le rap américain ; le punk, la jungle, l’ambient et le trip-hop britanniques ; la musique électronique japonaise ; sans oublier la techno et la musique avant-gardiste européennes. Aujourd’hui, Lee Perry n’est plus de ce monde, en chair et en os, tout du moins. Il est décédé fin août 2021 à l’âge de 85 ans. Néanmoins, son nom reste incontestablement en vogue. On continue de l’entendre sortir de la bouche de pop stars comme les Rolling Stones, The Orb, The Roots ou encore Major Lazer, mais on l’entend aussi, de plus en plus, circuler dans le milieu de l’art contemporain.


Le « Black Ark » : le son et l’image


Lee Perry a toujours évolué dans un univers visuel très personnel, à commencer par son fameux studio, le Black Ark, à l’origine des sons les plus novateurs de la deuxième moitié des années 1970 en Jamaïque. Pensée à l’origine pour être une sorte de sanctuaire pour les adeptes du mouvement rasta, l’Arche noire était un lieu complètement déroutant, où les murs étaient recouverts d’inscriptions cryptiques et les sols servaient de dépotoirs à des installations et autres bricolages tous plus loufoques les uns que les autres – une sculpture était même incrustée à l’intérieur de l’un des murs, raconte son ex-femme, Pauline Morrison, dans People Funny Boy écrit par David Katz.
 


© Adrian Boot, circa 1977/ 1979, issue de la collection privée de JKD.
 


Cet environnement baroque participait de la personnalité excentrique du producteur de génie, incarnée dans une allure et des accoutrements de plus en plus extravagants au fil des âges : durant les dernières années de sa vie, ses cheveux et sa barbe étaient multicolores et il était affublé de vêtements complètement fantasques, personnalisés à coups de pin’s et d’autres objets fantaisistes. Et lorsqu’il ne portait pas sa célèbre casquette de baseball dorée, ornée de CD scintillants, de badges ou d’illustrations religieuses, il était coiffé d’une parure amérindienne en plumes ou d’un chapeau pointu de magicien.



© Reggae.fr / On The Roots Kevin Buret  - 2016

On l’aura compris, Lee « Scratch » Perry était un artiste avec un grand A, un artiste entier, total, qui ne redevenait pas Rainford Hugh Perry (son vrai nom) en privé et qui ne s’enfermait pas dans une seule case, celle de la musique. Il ne jouait pas un rôle, il vivait son art à plein temps et était attiré autant par le son que l’image. En effet, le visuel jouait un rôle non négligeable dans sa galaxie, dans sa symbolique, dans sa perception du monde. Selon Perry, l’image était le canal privilégié pour véhiculer des messages (souvent subliminaux), il était donc nécessaire pour lui de s’en méfier et de pouvoir se les réapproprier. Ce qui explique, d’une certaine manière, son implication (consciente ou inconsciente) dans les arts visuels, laquelle au demeurant n’était pas récente. En lisant sa biographie fleuve rédigée par David Katz, on comprend aisément qu’il s’est toujours intéressé à son environnement physique et culturel, aux objets qui l’entouraient et à la culture pop dans laquelle il aimait tant piocher.

 

© Pan African Music magazine.
 
Déjà à la fin des années 1950, bien avant qu’il ne débute sa carrière musicale, lorsqu’il travaillait dans le bâtiment à Negril et conduisait des bulldozers, Perry focalisait son attention sur les bruits associés aux travaux de construction et sur les énergies des machines lorsqu’elles entraient en conflit avec la nature, peut-on lire dans People Funny Boy. Il y fit même état d’une expérience quasi surnaturelle, à l’origine de son départ de cette station balnéaire située sur la côte ouest de la Jamaïque pour la capitale Kingston : « Ça devait faire deux semaines que je balançais des pierres et j’en avais marre. Puis, j’ai commencé à ressentir des connexions positives avec les pierres. En jetant les pierres les unes contre les autres, je me suis mis à entendre des sons. Quand les pierres s’entrechoquaient, j’entendais le tonnerre gronder et j’entendais les éclairs. Puis, j’entendais des mots, mais je ne sais pas d’où venaient ces mots. Ces mots m’ont envoyé à King-stone : à Kingston. » (In People Funny Boy, p. 48).


© Reggae.fr / Andréa Dautelle - 2016, chez Lee Perry en Suisse dans son studio qui venait tout juste de brûler

Jusqu’à la fin de sa vie, les pierres ont occupé une place prépondérante dans son univers résolument mystique. Il lui arriva régulièrement d’en ramasser, d’en entasser, d’en transporter en divers endroits, voire même d’en faire cuire dans une marmite sur le feu.  À la fin des années 1970, c’est précisément ce qu’il s’est passé, raconte Pauline Morrison, dans leur maison de Washington Gardens, à Kingston, qui par ailleurs abritait son légendaire studio. « Un après-midi, raconte Pauline, elle était en train de préparer un repas quand elle sentit une odeur bizarre dans la cuisine. Jetant un œil dans la casserole, elle y découvrit que Scratch avait renversé le contenu de la marmite qui mijotait dans le jardin boueux, le remplaçant par des cailloux désormais en train de cuire sur le feu » (in People Funny Boy, p. 613). « Si vous voyiez notre maison, ce type a écrit toutes sortes de conneries sur le mur, sur la clôture… », ajoute-t-elle (in People Funny Boy, p. 612). « J’avais les pieds dans la peinture, je vivais au milieu de cailloux et de toutes ces choses liées à la nature. » (In People Funny Boy, p. 653).
 
Et comme le suggère Pauline Morrison, à l’époque du Black Ark, Lee Perry attachait aussi déjà beaucoup d’importance à la peinture et à l’écriture. Il faut en effet remonter très loin dans le temps pour comprendre les liens qu’il a développés avec les arts visuels et tout ce qu’englobe ce terme générique, à savoir la calligraphie, le graffiti, les assemblages, les collages, les installations et la peinture parmi d’autres. Bref, tout ce qui composera son inventaire artistique conjointement à sa musique. Lee « Scratch » Perry a, semble-t-il, toujours été un dessinateur et un graffiteur compulsif, ressentant un certain besoin de remplir, voire de surcharger les surfaces vides. Dès la fin des années 1970, il semblait même par moment accorder autant d’attention à la décoration de son studio qu’à la production musicale.
 

Images rares issues des archives de Don Letts consultables sur YouTube
 
Après la destruction par incendie du Black Ark, un matin de l’été 1983, Perry connut une période d’exil très longue, en Angleterre d’abord, puis en Suisse où il partit s’installer à la fin des années 1980 avec sa nouvelle et dernière épouse, née Mireille Ruegg, une sulfureuse reine de la nuit zurichoise, fille unique d’un couple de restaurateurs suisses qui deviendra son manager. C’est à partir de cette période qu’il commença à s’investir davantage dans l’art, de manière plus professionnelle dirons-nous, les collections de peintures à quatre mains réalisées avec l’artiste visuel britannique, Peter Harris, entre 2007 et 2009, puis entre 2014 et 2015, constituant le fer de lance de son œuvre picturale. 


La rencontre avec l’artiste visuel britannique Peter Harris

« Comment un artiste britannique blanc, âgé à l’époque d’une quarantaine d’années, rencontre-t-il un chaman noir de trente ans son aîné, originaire de Jamaïque, et établit-il une véritable connexion avec lui ? Je ne suis pas un rasta noir issu des ghettos de Trench Town, je suis un catholique issu de la classe moyenne inférieure, fils d’un père sous-marinier fréquemment absent, qui déménageait d’un endroit à l’autre et qui, par conséquent, n’a pas vraiment de « racines » », explique Harris. « Cela fait que toute ma vie, je ne me suis jamais vraiment senti chez moi nulle-part. Et j’ai toujours vécu à travers une série de « figures paternelles », appartenant à la culture populaire, des sortes de guides qui m’ont inspiré tels que Bob Dylan, Francis Bacon, Johnny Rotten et Picasso, et Lee est celui que j’ai eu la chance de rencontrer en personne. (...) La perception que Lee a de Babylone et la mienne sont très différentes. Celle de Lee vient sans doute de la vision des rastas, selon laquelle la société occidentale est corrompue, au niveau politique notamment, un monde qui oppressent les rastas. Ma vision de Babylone est aussi celle d’une société qui opprime nos vies, mais elle traite davantage de la trajectoire cruelle de la vie. Cela pourrait ressembler à quelque chose comme : la naissance, l'école, les rêves, la pression d’autrui, la musique, les drogues récréatives, les prêts étudiants, l'amour, le travail, la dépression, la pression, les vacances, l'insécurité, l'hypothèque, les drogues pour s'évader, les enfants, le stress, la pression d’autrui, les voitures, les responsabilités, les doutes, la réalité, les crises de panique, les factures, l’achat de nouveaux vêtements. Et on pourrait ajouter : les animaux de compagnie, les factures du vétérinaire, la salle de sport, la crise de la quarantaine, les nouvelles coupes de cheveux, la perte des cheveux, les bedaines de bière, la culpabilité, les cigarettes, l'alcool, la nourriture, le cancer, les médicaments, les retraites, la peur, la mort. »
 
En février 2005, Lee « Scratch » Perry répondit positivement à la proposition de Peter Harris, qui souhaitait le faire apparaître dans un film sur lequel il travaillait, intitulé Higher Powers.  « Je voulais toutes sortes de gens qui représentaient dif­férents types de puissances supérieures. Presque des archétypes. Par exemple, ça pouvait aussi bien être un puissant hors-la-loi qu’un puissant commissaire de police ; quelqu’un possédant une puissance spirituelle ex­trêmement forte ou quelqu’un ne croyant absolument pas aux pouvoirs surnaturels. En ce qui concerne les vision­naires ou les personnes possédant une puissance créatrice supérieure, j’ai pensé à Ken Russell et Lee Perry» Perry trouvant le concept attractif, Harris obtint la per­mission de le filmer, chez lui en Suisse, le 14 février de la même année. Il l’interviewa sur des thématiques aussi diverses que variées : le destin, la foi, la rédemption, la chance, l’amour, le doute etc. L’artiste britannique retourna ensuite à Londres pour pro­céder au montage. Ultérieurement, Peter Harris plani­fia d’autres séances de tournage avec Perry pour le même projet filmique. Le 1er octobre 2007, le film de Peter Harris, Higher Powers, fut projeté pour la première fois sur les écrans au Lüneburg Art Hall en Allemagne. Perry y apparut en compagnie de person­nages très controversés tels que l’ancien gangster Dave Courtney, l’activiste gay Peter Tatchell, le politicien conservateur Boris Johnson, la révérende Joanna Jepson (qui fit campagne contre l’avortement pour des raisons d’eugénisme), Uri Geller (un animateur de télévision israélien s’intéressant au paranormal et prétendant avoir le pou­voir de plier le métal), le moine bouddhiste tibétain Akong Tulku Rinpoché, et le théoricien du complot, David Icke. Quelques années plus tôt, Harris avait approché des ar­tistes comme David Bowie, Siouxsie Sioux et des membres des Stranglers afin de mettre leurs idées en peinture. Avec le même concept en tête, Harris retourna en Suisse en no­vembre 2007 pour créer une série de peintures à quatre mains avec Lee Perry, l’intronisant ainsi dans le monde des beaux-arts. « Auparavant, j’avais fait une série d’autoportraits inti­tulée « Self-Portraits by Proxy ». J’avais demandé une idée à toutes les personnes qui ont impacté ma vie et qui m’ont influencé, et j’avais mis leurs idées en peinture. Mais avec Lee, c’était un peu différent. Je lui ai téléphoné et j’ai dit : « Voici des thèmes tirés du film et je veux que tu me donnes la première image qui te vient en tête ». Par exemple, je disais le mot « chance » ou autre chose, et il me décrivait des images invraisemblables, et j’en faisais un tableau. Ensuite, j’ai amené tous les tableaux chez lui, en Suisse, et il a dit qu’il allait les découper. Il les a remixés comme un disque, prenant quelque chose d’une peinture et la plaçant sur une autre, et c’était un peu comme une cé­rémonie ou un rituel vaudou. Il a passé beaucoup de temps à essayer différents chapeaux et costumes comme s’il se fon­dait dans le personnage. On a travaillé de dix-neuf heures à quatre heures du matin non-stop, en écoutant un CD qui tournait en boucle pendant tout ce temps-là. »
 
Le 10 septembre 2009, au Tabernacle à Londres, Perry procéda à un show dub en compagnie d’Adrian Sherwood à la table de mixage, avec des images vidéo diffusées dans son dos. Le temps fort de cette soirée se concrétisa avec l’exposition « Higher Power$ », montrant les peintures à quatre mains effectuées par le tandem en 2007 ainsi que d’autres pein­tures réalisées le 15 août 2009 en Suisse. Les œuvres traitent des thèmes habituels de Perry, à savoir l’injustice sociale, le dogme religieux, la répartition inégale des richesses, le sexe et la vengeance personnelle. Certaines d’entre elles portent les empreintes de main et de pied de Perry. Par ailleurs, sur toutes les peintures et tous les dessins figurent les graffitis déclamatoires de Perry. Des images des sessions de peinture exécutées conjointement par Peter Harris et Lee Perry en 2007 et 2009 ainsi que des extraits de l’exposition du Tabernacle sont notamment visibles dans le documentaire, Lee Scratch Perry’s Vision of Paradise, réalisé par Volker Schaner en 2015, un excellent film qui retrace d’ailleurs la trajectoire insolite de Lee Perry et retranscrit bien l’importance que prenait l’art dans sa vie quotidienne.
 

Lee Scratch Perry’s Vision of Paradise par Volker Schaner
 
Et pour ce qui est de la centaine d’œuvres que les deux artistes ont réalisée en commun entre 2014 et 2015, elle puise son inspiration dans la Bible, dans le Livre de l’Apocalypse en particulier. « Ces histoires de mal, de rédemption, et d’apocalypse nous ont inspirés évidemment. Ce livre de la Bible est vraiment riche en images, en métaphores et en paraboles. Une parabole n’est pas quelque chose de littérale et les paraboles bibliques sont difficilement compréhensibles par nos esprits modernes qui ont l’habitude d’être informés par des faits facilement disponibles. Les mots et le langage visuel permettent d’accéder à une certaine « vérité », car la vérité est souvent indicible », précise Harris.
 
Cette rencontre avec Peter Harris marque à l’évidence le début de son ascension dans l’univers de l’art contemporain.
 

« Ja Pay » © Peter Harris et Lee « Scratch » Perry, stylo-bille et stylo-feutre sur papier, 42 x 42 cm, 2007.
 

« Zis Is Black Ark » © Peter Harris et Lee « Scratch » Perry, collage, stylo-bille et crayon de couleur sur papier, 42 x 42 cm, 2007.
 

« Judgement Com Yow » © Peter Harris et Lee « Scratch » Perry, stylo-feutre, peinture à l’huile et à l’acrylique sur toile, 123 x 109 cm, 2009.
 

« Super Ape » © Peter Harris et Lee « Scratch » Perry, stylo-bille, stylo-feutre et dorure liquide sur papier, 30 x 42 cm, 2014-2015.
 


« Super Man in Space » © Peter Harris et Lee « Scratch » Perry, stylo-bille, stylo-feutre et dorure liquide sur papier, 30 x 42 cm, 2014-2015.  


L’ascension dans l’univers de l’art contemporain

Une ascension confirmée par son entrée au panthéon des sculptures réalisées à l’aide d’un scanner 3D par Xavier Veilhan et exposées simultanément à New York et Paris au printemps 2015. Dans cette double exposition organisée autour de la musique et baptisée d’ailleurs tout simplement « Music », l’artiste plasticien français souhaitait notamment rendre hommage aux grands producteurs musicaux qui façonnent la bande-son de notre époque, parmi lesquels Philippe Zdar, Pharrell Williams, Quincy Jones, le duo Daft Punk, Rick Rubin, Brian Eno et Lee « Scratch » Perry qu’il a toujours beaucoup écouté et qui se devait donc de figurer dans cette impressionnante liste de génies (une vingtaine au total), dont les collectionneurs s’arrachent désormais les statues réalisées dans une gamme de matériaux variés (du bois au métal en passant par la résine polyuréthane).
 

« Lee Scratch Perry », © Xavier Veilhan, exposition « Music », résine polyuréthane chargée aluminium, peinture acrylique, vernis, 122,5 x 62 x 86 cm, 2015.
 
S’ensuivit un portrait (sur papier cette fois) que lui consacra le mensuel d’art, Beaux-Arts, en 2017, à l’occasion de l’exposition « Jamaica Jamaica ! » à la Philharmonie de Paris (4 avril-13 août 2017), où était d’ailleurs exposée la fameuse statue réalisée par Xavier Veilhan évoquée ci-dessus.  
 

© article publié le 23 mai 2017 par Magali Lesauvage dans Beaux-Arts.
 
Lee Perry fit également la une d’autres magazines d’art, comme celle du biannuel italien, Kaleidoscope, en 2020-2021.
 

© Kaleidoscope, numéro 37, 2020-2021.
 
Enfin, dernier élément mais non des moindres, parallèlement à tout cela, les œuvres du maestro font l’objet de nombreuses expositions personnelles et collectives dans le monde entier, à commencer par sa toute première exposition en solo qui se tint à la galerie californienne Dem Passwords du 13 novembre au 11 décembre 2010 sous le titre « Secret Education ».
 

© Dem Passwords, exposition « Secret Education », 2010.
 
Trois autres expositions personnelles furent organisées par cette même galerie en 2013 (« Repent Americans » du 20 avril au 15 juin), 2014 (« The Death of Baphomet » du 29 août au 11 octobre) et 2016 (« Judgement Repentance God Order » du 16 juin au 30 juillet). Cette même année 2016, Lee Perry exposa aussi à New York, du 29 juin au 29 juillet, dans le cadre d’une exposition collective intitulée « A Being in The World » et tenue au Salon 94 (dans le Lower East Side). Ses œuvres furent ainsi présentées au côté de celles d’un panel d’artistes très hétéroclite incluant l’autodidacte afro-américain né esclave, Bill Traylor (1854-1949) ou la jeune Maia Ruth Lee (née en 1983 en Corée du Sud).
 


© Dem Passwords, exposition « Judgement Repentance God Order », 2016.
 
Ensuite, Lee Perry multiplia les expositions internationales : au Swiss Institute à New York en 2019, à la Biennale de São Paulo en 2021, au musée d’art contemporain de Rome en 2022, et au Cabinet à Londres ainsi qu’à la foire internationale de l’art moderne et contemporain à Cologne en 2023, pour ne citer qu’elles. Au total, ce n’est pas moins d’une quinzaine d’expositions internationales auxquelles prit part Lee Perry entre 2016 et 2023, dont un tiers d’entre elles pour la seule année 2023, ce qui est l’assurance d’une montée en puissance sur la scène artistique contemporaine. Sans parler de la présence de certaines de ses œuvres au musée d’art ancien et contemporain Bonnefanten aux Pays-Bas (d’autres œuvres devraient prochainement intégrer les collections permanentes des musées de la Smithsonian Institution à Washington ainsi que de la National Gallery de la Jamaïque), de la revente de certaines d’entre elles aux enchères ou des prestigieux collectionneurs qui font l’acquisition de ses peintures, dessins, collages et autres installations tels que Ray Davies (l’ex-chanteur des Kinks, groupe phare du rock britannique des années 1960), le compositeur, remixeur et réalisateur artistique anglais Adrian Sherwood (Coldcut, Depeche Mode, Primal Scream, Sinéad O’Connor), le couple d’artistes britanniques Tim Noble et Sue Webster, ou encore le DJ producteur mexicain Camilo Lara. Tout un ensemble de signaux qui laissent présager un bel avenir à Lee « Scratch » Perry dans le très sélect milieu de l’art contemporain.
 


« Avenge » © Peter Harris et Lee « Scratch » Perry, stylo-feutre, peinture à l’huile et à l’acrylique sur toile, 124 x 95 cm, 2009. Cette toile a été achetée par Adrian Sherwood et on peut d’ailleurs l’apercevoir dans la vidéo ci-dessous tournée chez lui en 2022 :
 

Horace Andy : Tiny Desk (Home) Concert
 
·       A lire :
Lee “Scratch” Perry: People Funny Boy, David Katz, 2012, Camion Blanc, 990p.
 
·       A voir :
Lee Scratch Perry’s Vision of Paradise, Volker Schaner, 2015, 1h40.
 
·       Sites Internet à consulter:
https://www.leescratchperry-peterharris-art.com/
https://www.swissinstitute.net/exhibition/lee-scratch-perry/
http://34.bienal.org.br/en/artistas/8746
https://www.museomacro.it/polyphony/lee-scratch-perry-the-orbzerver/
https://www.cabinet.uk.com/lsp-ark-work
https://www.leescratchperry.art/

 
 

Par JKD / Photo On The Roots
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