La Coupe du Monde 2026 de football débute cette semaine aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Malheureusement, les Reggae Boyz jamaïcains n'ont pas réussi à se qualifier pour cette édition. Une occasion manquée pour l'île qui a donné au monde son plus grand ambassadeur musical — et l'un de ses plus fervents amoureux du ballon rond. En ce début de tournoi, nous remettons à l'honneur cet article de fond consacré à la passion dévorante de Bob Marley pour le football, longtemps réservé à nos abonnés.
« Football is a whole skill to itself. A whole world. A whole universe to itself. Me love it because you have to be skilful to play it! Freedom! Football is freedom. » (Bob Marley, 1979)
« Le football est une aptitude à part entière. Un monde à part entière. Un univers entier en soi-même. J'aime ça parce que tu as besoin d'être doué pour y jouer. Le football, c'est la liberté ! »
Quiconque a entendu ces paroles mystiques prononcées par Bob Marley ne peut qu'aimer encore plus ce sport. La vie, sinon l'œuvre du roi du reggae, ne saurait être totalement comprise sans évoquer son rapport amoureux et compulsif à la balle. Passion d'enfance commune aux enfants des ghettos de Kingston, seul sujet d'unanimité entre les Wailers et leur entourage, amour du beau jeu argentin et brésilien, ultime distraction pendant son agonie : le football accompagne la vie du « Tuff Gong » jusqu'à ses derniers instants. Mais quoi de plus normal qu'une personnalité si universellement appréciée adore le sport le plus populaire du monde ? Un ballon et un t-shirt à l'effigie du rasta de la balle ouvrent presque toutes les portes de ce monde.
Lorsque Robert Nesta Marley naît en 1945, le football est déjà bien implanté en Jamaïque. Les colons britanniques ont importé le beautiful game aux Antilles à la fin du XIXème siècle. Le premier club officiel se crée en 1893, et d'autres suivent rapidement dans les principales villes de l'île : à Kensington, Melbourne, Kingston, Lucas et Saint-George. Avant même l'indépendance obtenue en 1962, une sélection nationale dispute des rencontres amicales, principalement contre Haïti et Trinidad & Tobago, voire dans le cadre de petites compétitions régionales comme les Central American and Caribbean Games. Le football s'est aussi et surtout développé dans les ghettos des Rude Boys de Kingston, notamment dans celui de Trench Town où grandit Bob Marley.
La Jamaïque, comme les autres îles des Antilles britanniques, reste majoritairement réfractaire aux sports anglais dits nobles (cricket, polo). L'amour de la balle, comme celui de la musique (rock steady, ska, puis reggae), offre une accalmie dans un univers empreint d'une violence endémique. Dans ses chansons, Bob Marley ne cessera de dénoncer les difficultés subies par ses compatriotes au quotidien. De fait, la Jamaïque est une véritable « poudrière sociale ». Malgré ses appels prônant un retour au calme, Bob ne parviendra jamais à mettre un terme aux tensions régnant sur l'île. Bien loin de l'image paradisiaque véhiculée par le tourisme, la Jamaïque — et Kingston en particulier — est en état d'insurrection quasi permanente. Dans les années 1970, l'île est au bord de la guerre civile, en proie aux rivalités entre les deux partis dominés par le Premier ministre Michael Manley (PNP, progressiste) et le leader de l'opposition Edward Seaga (JLP, conservateur). En 1978, Bob Marley réussit — croyait-on — à célébrer la réconciliation nationale lors du « One Love Peace Concert ». Par son charisme, il permet au peuple jamaïcain de retrouver un semblant de paix. Mais celle-ci ne lui survivra pas, et aujourd'hui, les ghettos de Kingston sont toujours d'une rare violence.
Finalement, pour une bonne partie des jeunes de l'île, football, ganja, reggae et rastafarisme sont autant de moyens pour s'évader d'une réalité sordide et sans grand espoir. Issus du ghetto, les Wailers étaient à l'image de la jeunesse jamaïcaine et trouvaient, dans la musique comme dans le football, un certain épanouissement.
Presque tous les membres du groupe adoraient le foot, mais le plus passionné était Alan « Skip » Cole (décédé il y a quelques mois). L'un des meilleurs amis de Bob, il était l'ancien avant-centre de l'équipe de Jamaïque et passe même pour le meilleur joueur des Antilles britanniques de tous les temps. Ses liens amicaux avec Bob étaient sincères et profonds. Les Wailers profitaient donc tout naturellement de l'influence de « Skip » qui, grâce à son professionnalisme, permettait au groupe de suivre un véritable entraînement quotidien. Chaque soir, après le travail en studio, Marley ne manquait jamais la partie de soccer dans la cour du 56 Hope Road.
Les nombreuses tournées mondiales de Bob Marley & The Wailers ont souvent été rythmées par leur passion pour le ballon rond. Le bus de tournée était équipé d'un téléviseur pour qu'ils puissent suivre les matchs, et à chaque étape, des rencontres étaient disputées — parfois très sérieusement — contre des équipes de journalistes locaux, des membres de maisons de disques, voire de petits clubs. En 1980, pour l'ultime tournée, un véritable tournoi fut organisé en marge d'un concert londonien, dans un stade couvert près de Fulham. Bob a également joué avec les joueurs professionnels du FC Nantes, du PSG et probablement d'autres clubs professionnels lors du passage des Wailers dans leurs villes. Concerts, répétitions, interviews… tout était programmé pour ne pas empiéter sur les matchs des compétitions importantes. Quand Bob jouait de la musique, le ballon n'était jamais très loin. Il jouait au football presque tout le temps avant un concert, en coulisse ou pendant l'entracte. Et lorsqu'il jouait au football, sa guitare n'était jamais très loin non plus. La musique et le football n'étaient jamais dissociés.
En 1978, le « Kaya Tour » fut le grand moment footballistique de la carrière des Wailers. Tout fut prévu pour suivre la Coupe du Monde en Argentine, au grand dam des attachées de presse. Cette année-là, le trophée fut soulevé par l'Argentine. Bob était un fervent admirateur du jeu latin. Lors de la tournée, le passage en Amérique du Sud lui permit de rencontrer le joueur brésilien Paulo Cesar. Toujours en 1978, l'Argentin Ossie Ardiles fut transféré au nord de Londres, à Tottenham Hotspur, avec un autre vainqueur de la Coupe du monde : Ricardo Villa. Marley était un grand supporter d'Ardiles et, en guise de cadeau, Rob Partridge, l'attaché de presse d'Island Records, lui envoya un maillot de Tottenham.
Deux ans plus tard, en 1980, pendant la dernière tournée des Wailers — l'« Uprising Tour » —, Bob refusa de nombreuses interviews pour participer aux matchs de football. Selon Rob Partridge, pendant la partie britannique de la tournée, de nombreux matchs furent joués dans un stade couvert à proximité du terrain de Fulham. Compte tenu de l'amour profond de Bob pour le football, il semble donc logique que le plus grand concert qu'il ait jamais donné se soit déroulé dans un stade de football : le mythique San Siro de Milan. Le 27 juin 1980, 100 000 personnes ont pu assister à ce spectacle magique.
Bob Marley évoluait le plus souvent comme meneur de jeu créatif. Très doué techniquement, ses idoles étaient brésiliennes (Pelé) ou argentines (Ardiles, Villa). En amateur du beau jeu, il ne jurait que par le football latino-américain et, s'il porta un jour les couleurs de Tottenham Hotspur, ce fut uniquement en hommage à Ossie Ardiles. Son cœur battait en réalité pour Santos, le mythique club du roi Pelé.
Les qualités de footballeur du « rasta de la balle » étaient indéniables. L'un des grands spécialistes du football britannique, Danny Baker, qui le vit jouer à plusieurs reprises, assurait avoir décelé en lui le talent suffisant pour mener une carrière professionnelle en Jamaïque. À l'époque, les joueurs des Caraïbes avaient peu de chances d'évoluer dans l'ancienne métropole. Mais si le football fut sa grande passion sportive, elle n'égalait pas pour autant son amour pour la musique :
« I love music before I love football. If I love football first, maybe that a bit dangerous, because the football is very violent. If a man tackle you hard, it brings feelings o' war! »
« J'aime la musique avant le football. Si j'aimais le football d'abord, ce serait peut-être un peu dangereux, parce que le football est très violent. Si un homme te tacle durement, ça te donne des sentiments guerriers ! »
Nouvelle prophétie du « Gong »…
Sur les circonstances exactes du match de 1977 (et/ou de 1975), la blessure au pied et la fin de vie du king du reggae : tentative d'explication — mais la polémique demeure.
La légende veut que Bob Marley soit décédé des suites d'une blessure mal soignée contractée lors d'un match de football. La réalité est un peu différente, même si elle ne peut être clairement établie. Journalistes français et britanniques se disputent encore aujourd'hui pour situer cet événement tragique : les uns le placent lors d'un match disputé pendant la tournée européenne de 1977 à Paris, contre la presse et la profession musicale au lendemain d'un concert ; les autres le situent à Londres, contre une équipe de célébrités, à Battersea Park. Danny Baker, commentateur TV bien connu du football anglais, a déclaré être celui qui avait marché sur le pied de Marley lors d'une partie au parc de Battersea en 1977. Les témoignages de journalistes français ayant participé au match de Paris (dont l'un mentionne la blessure de Bob) renforcent l'hypothèse d'une blessure contractée en France.
La rencontre parisienne a lieu quai Branly, sur un terrain coincé entre la Seine et l'hôtel Hilton où les Wailers sont descendus. « Bob jouait comme un pro. Il dégageait une autorité naturelle », raconte l'un des protagonistes, le journaliste Francis Dordor.
Jean-Louis Lamaison, journaliste pour Rock & Folk à l'époque, se souvient : « Le samedi après-midi, nous avions l'habitude de nous retrouver de façon plus ou moins assidue avec d'autres journalistes, comme Philippe Paringaux et Paul Alessandrini, pour jouer au foot. Lorsque Paul a organisé le match avec les Wailers en mai 1977, à la veille de leur concert parisien, il a tout naturellement contacté la bande du samedi. D'un côté, Bob Marley, les Wailers et quelques journalistes de la presse rock ; en face, une équipe composée de célébrités. Je me suis retrouvé propulsé arrière droit aux côtés d'un Aston "Family Man" Barrett dans une forme physique absolument éblouissante, qui a couru pendant 90 minutes. Notre équipe a gagné par 4 ou 5 buts à 0 ! Avec nous, Bob s'est montré sympathique mais discret et très réservé. »
Philippe Manœuvre, collègue de M. Lamaison à Rock & Folk, apporte des précisions sur ce match de 1977. Il raconte que l'équipe de célébrités était en fait « l'équipe des Polymusclés : gaillards colosses moulés dans de sémillants t-shirts verts. Cette équipe, constituée de vétérans du show-biz, de la télé et du cinéma, semblait si cohérente et décidée que les rock-critiques se retrouvèrent du côté des Wailers (en trop petit nombre de toute façon). Quelle ambiance ! Profitant des dernières lueurs du jour, une équipe d'Antenne 2 interviewa même Bob Marley. La journaliste : "Monsieur Marley, ne trouvez-vous pas étrange de jouer une musique de pauvres et d'être aussi riche ?" Bob Marley (dans un survêtement aux couleurs de la Jamaïque, ses nattes dissimulées sous un bonnet de tricot, vacille et répond) : "I am what I am." Puis il s'éloigne et fait une tête. (Flashes, caméras, claps.) À 21 heures, les deux équipes prennent place. Bob Marley est ailier gauche. Philippe Paringaux se carre dans ses buts. Paul Alessandrini est milieu droit, Francis Dordor ailier droit, Jean-Louis Lamaison arrière droit. Les Wailers se répartissent au centre et à l'arrière. Équipe hétéroclite que la nôtre ! En face, les Polymusclés semblent de sérieux, voire d'invincibles concurrents. Le coup de sifflet retentit : la première attaque est fermement menée par Paul Alessandrini qui, fidèle à sa devise, fonce constamment vers le but adverse. Mais les Polymusclés opposent une défense brutale, sinon cohérente, et très vite Bob Marley voit la balle lui échouer entre les crampons. Il remonte le ballon le long de la touche en jonglant, faisant preuve d'une indéniable agilité. On ne peut pas lui prendre la balle ! Le jeu s'organise. Malgré leur démarrage fulgurant, les rockers semblent perdre l'avantage. Family Man Barrett, gros rasta bourru qui marmonne des prières en shootant, va, grâce à Jah, marquer le premier but de la partie à 21h35. Mais cette joie est de courte durée… Bob Marley est blessé ! Visiblement inquiet, il vient à l'arrière, souffrant du pied. Mi-temps : 1-0. Une petite pluie fine s'est mise à tomber, glaçant les innombrables spectateurs de marque (Brenda Jackson, Jennifer Bier, Michel Bourré…). Cette mi-temps voit quelques changements dans les équipes. Jean-Louis "Memphis" Lamaison, Bob Marley et Francis Dordor, épuisés, quittent le terrain. Les Wailers, bien protégés par leurs bonnets de laine et leurs anoraks, ne semblent pas souffrir excessivement de la pluie. Il en va autrement de nos joueurs qui, maculés de boue, vont faire la preuve de cette énergie qui manque si cruellement à nos groupes de rock. Leduc et Alessandrini inquiètent à maintes reprises les Polymusclés et marquent but sur but. Philippe Paringaux reçoit les compliments de Bob, qui vient lui tapoter amicalement sur le ventre en lui disant "The best"… un comble ! Score final vers 23h15 : 6 à 1… victoire retentissante pour nos amis du rock et du reggae ! »
Paul Alessandrini, journaliste à Rock & Folk de 1969 à 1978, qui avait rencontré Bob Marley pour la première fois à Amsterdam en 1976, précise : « Bob, complètement "stoned", n'accepta de me parler qu'au moment où j'évoquai le football et notamment l'idée d'organiser un match à Paris. L'interview parut dans le magazine Rock & Folk. » Il donne ensuite une autre version du fameux match de 1977, ou évoque peut-être simplement une rencontre différente : « Le match eut lieu sur un terrain synthétique qui se trouve devant l'hôtel Hilton à Paris, tout près de la Tour Eiffel. Il y avait quatre ou cinq rock-critiques dans l'équipe des Wailers, contre une équipe formée de comédiens, d'artistes et de Francis Borelli, président du Paris Saint-Germain à l'époque. Nous avons gagné par 4-0 et je n'ai pas le souvenir que Bob Marley se soit blessé au pied lors de ce match. J'ai réalisé le documentaire sur Bob Marley en 1980 à Kingston. Là encore, nous avons joué au football avec lui dans la cour du studio Tuff Gong. Il m'a dit : "Football is music." »
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Par ailleurs, il paraît établi que dès 1975, l'ongle d'un gros orteil de Bob le faisait souffrir, suite à une blessure contractée lors d'un match à Trench Town, en Jamaïque.
Au final, la version la plus crédible semble être la suivante : au cours d'un match en 1977 — que ce soit à Paris ou à Londres —, Bob Marley subit un choc avec un adversaire qui rouvrit une vieille blessure, mal soignée et probablement contractée en 1975 à Kingston. La douleur le contraint à quitter le terrain. Dans un premier temps, Bob consulte le médecin de l'hôtel, qui constate que l'ongle a été arraché et lui recommande de ne pas marcher le temps que la blessure cicatrise. Mais Marley veut honorer ses contrats et mener la tournée à son terme. Le rythme des déplacements aidant, il ne s'est guère préoccupé d'une plaie d'apparence bénigne. À Londres, il quitte la scène du Rainbow en boitant bas. Dans les coulisses, en retirant sa chaussure, il constate qu'elle est pleine de sang.
Bob ne s'alarme toujours pas, et c'est seulement deux mois plus tard qu'il consulte un médecin londonien. Celui-ci effectue des prélèvements et diagnostique malheureusement un mélanome assez avancé. Mais attention : ce n'est pas sa blessure au pied qui conduira Marley à la mort. Selon la version la plus probable, au moment où Bob s'est blessé à l'orteil, le cancer était déjà présent dans son organisme. La blessure de 1977 n'a fait qu'aggraver celle contractée deux ans auparavant et détériorer davantage son état général, sans en être directement à l'origine. D'une certaine manière, sans cette blessure au pied, Bob n'aurait pas découvert qu'il était atteint d'un cancer de la peau : c'est elle qui a permis au médecin de détecter que le mal était bien plus profond qu'un simple ongle arraché.
Un jour de 1980, alors qu'il courait dans Central Park à New York en compagnie de Skip Cole, il s'effondra, évanoui. Une tumeur au cerveau fut cette fois diagnostiquée, et les médecins ne lui donnaient plus que quelques mois à vivre. Sa dernière tournée fut interrompue et, en novembre 1980, il fut admis dans une clinique bavaroise. À ce moment-là, Bob était en phase terminale : à bout de forces, chauve et squelettique. Les médecins, Josef Issels en tête, tentèrent la chimiothérapie. Presque miraculeusement, son état commença à s'améliorer. Dans cette Ringberg Klinik, il put fêter son ultime anniversaire le 6 février 1981 et visionner avec ses amis Junior Marvin, Seeco et Tyrone Downie une émission consacrée au roi Pelé. Un dernier bonheur avant l'issue fatale, le 11 mai 1981.
Quarante-cinq ans après sa mort, Bob Marley est partout. Les commémorations se multiplient en son honneur, sa musique — intemporelle — est toujours aussi populaire et son influence demeure intacte. Les produits dérivés à son effigie ne manquent pas. Derniers modèles en date, la collection Adidas estampillée Football Is Freedom dans laquelle on retrouve le maillot jaune inspiré des couleurs jamaïcaines, mais aussi des couleurs du maillot du FC Nantes que portait Bob Marley en 1980 alors qu'il jouait un match amical avec les Wailers contre l'équipe pro de la ville, ou encore la veste zippée vert émeraude.
Le football et Bob Marley : la légende continue.
Bibliographie :
Stephen Davis, Bob Marley, Éditions du Seuil, 1992
Francis Dordor, Bob Marley, Éditions J'ai Lu, 2003
Stephen Davis, Bob Marley, Lieu Commun, 1991
Margaret E. Ward, Bob Marley, Éditions Hors-Collection, 1994
Adrian Boot et Chris Salewicz, Bob Marley, légende rasta, Le Seuil, 1995
Roland Monpierre, La vie de Bob Marley, Éditions Caribéennes, 1988
Adrian Boot et Vivien Goldman, Bob Marley, Soul Rebel, Natural Mystic, Eel Pie/Hutchinson, 1981
Alexandre Grondeau, Bob Marley, un héros universel, Éditions La Lune sur le Toit, 2019