Lee Perry & Dub Syndicate "Time Bomb" [:
Cet album fait partie des nombreuses collaborations entre
Lee Perry et un autre artiste. En l'occurrence ce n'est pas un artiste, mais un groupe qui eut l'occasion de travailler avec le dj jamaïcain, le Dub Syndicate. Ils se rencontrèrent dans le courant de l'année 1987 et leurs travaux conclurent à la production de cet album. Le 1er morceau "S.D.I." est un track bien maîtrisé dans ses effets et le chant de Perry n'est pas des plus désagréable.
"Blinkers" dans un style différent combine chant et samples de Perry sur fond d'explosion et de perceuse, originale dans le choix des sons. Le track suivant "Jungle" une nouvelle fois accompagnée de Perry au chant, l'intro se caractérise par son lyrisme musical très naturel, puis vire très vite dans un reggae proche de ce que Gainsbourg et les
Wailers ont pu produire dans leur composition. Ce morceau s'enchaîne avec un "De Devil Dead", ou l'hymne à la Ganja encore si rarement dépénalisés dans nos contrées, un combat qui dure et
Lee Perry représente le mouvement avec ce morceau qui tire son épingle du jeu. "Music and Science Lovers" commence par une introduction trés atmosphérique pour enchaîner via un fondu au piano à un Dub aux tonalités rafraîchissantes. "Kiss the Champion" se distingue par ses 7 minutes de durée et la montée progressive du morceau. Son orchestration et la voix de Perry évolue petit à petit dans les graves, une facétie que le man ne pouvait produire dans un format de morceau "classique". "Allergic to Lies" commence par une petite dédicace de Perry légèrement déstabilisante. Ce morceau est un des rares titres de Perry abordant le thème de l'amour, ce qui en ressort est plutôt bizarre, voire déroutant, dans tous les cas surprenants, un morceau comme seul Perry sait les faire. "Time Conquer" et son intro délirante qui commence avec le sample d'un japonais "phaser" est délirante, le refrain quant à lui n'est pas en reste non plus, il en déstabilisera plus d'un. les deux morceaux qui suivent sont dans un premier temps la version instrumentale de "Jungle" puis un remix "Jungle (wall of China)" qui est trés certainement la meilleur version mais également la plus courte. On finit sur le morceau "Night Train" un pur OVNI sans quoi cet EP n'aurait pas été un véritable album de Perry, excellent. Un bon album qui cependant a un peu mal vieilli, un CD que je conseille en particulier aux amateurs des sons de machines des années 80.