Le Jamaïcain Runkus frappe fort avec Supernova, un nouvel album ambitieux qui pousse les frontières du reggae vers des territoires qu'il définit lui-même comme cosmiques. Roots reggae, énergie dancehall, influence hip hop mais aussi jazz et expérimentations habitent ce nouveau projet du fils du chanteur Determine, originaire de Portmore.
L'artiste n'en est pas à son coup d'essai. Nominé aux Grammy Awards pour ses contributions aux albums de Jesse Royal et de Protoje, il vient par ailleurs de décrocher un JUNO Award pour son travail sur Welcome to Paradise de Naomi Cowan.
Producteur expérimenté, il a de la créativité à revendre mais pas seulement. En plus d'offrir des productions très soignées, Supernova est un projet profondément spirituel, qui explore la mort symbolique d'une version de soi-même et la renaissance qui s'ensuit — un fil conducteur que l'on suit tout au long des 13 titres qui composent l'opus.
Autre dimension marquante de Supernova : l'album est le support d'une collaboration avec le plasticien bahamien Tavares Strachan (MacArthur Genius Grant), qui a fait de l'oeuvre musicale une œuvre physique aussi pensée pour les galeries. L'héritage de Lee Perry n'est pas loin ...
Parmi les temps forts de l'album figurent entre autres le single Sure as the Sun en compagnie de Sean Paul, et Sheep, construit autour d'un discours de scène inédit de Peter Tosh. Mais l'ensemble de l'album ne laissera personne indifférent. Des titres comme Supernova, Life Over Death ou Ghetto Youth Is A Star imprègnent longtemps le cerveau, tel un excellent film dont on aurait du mal à se défaire de l'ambiance. On en place aussi une spéciale pour les quelque peu perchés mais irrésistibles Please Don't Come To Mars et 3310.
Supernova est disponible partout et sur tous les supports : https://orcd.co/runkussupernova.
Encore un album qui laisse entrevoir un avenir infini au reggae et à la musique jamaïcaine, quoi qu'en disent certains.
Extraits :