Sizzla – Elysée Montmartre, Paris 25-10-2009
Les concerts de Sizzla Kalonji font toujours couler autant d’encre et attirent toujours les foules : Deux dates parisiennes à guichet fermé plus d’une semaine avant l’évènement. Quel artiste reggae (et autre) peut se targuer de faire salle comble ? Visiblement peu. Quelques 1200 personnes se sont dirigées dans le 18ième à l’Elysée Montmartre pour un concert évènement en ce dimanche soir. En guise de première partie, les membres de la Spyda Team sont venus toaster accompagné d’un sound system. Rendez-vous au Boulevard Rochechouart à 19h !
Arrivé légèrement en retard, la Spyda Team vient d’achever son set d’une demie heure devant un Elysée Montmartre qui commence à se remplir à vue d’œil. Nous attendons que le Firehouse Crew s’installe avec en fond du bon son (Richie Spice, Luciano, Capleton, Sizzla, etc.). On sent que l’organisation est très bien rodée et à 20h30, les membres du groupe s’installent sur scène. Pas de guitaristes ? Bizarre pour une musique basée sur la rythmique. Ce sont deux claviers qui vont s’y coller. Ils entament quelques morceaux introductifs dont le « truth and rights riddim ». 
C’est au tour de Joseph Shepperd, membre du judgement yard, de venir sur scène chauffer le public. Il ne reste sur scène que pour un titre dans un dancehall qui n’aura pas du tout séduit l’audience, peu réceptive à son style. Teflon, artiste dont nous avions abordé la sortie de son album « motherless child » en mars dernier, vient renforcer les rangs du yard. 
Une voix bien rauque, il s’affirme comme un successeur de Sizzla sur scène. Il a droit à un bon quart d’heure où il fait preuve d’une belle fougue. A son départ, le public est impatient et le MC en annonçant Sizzla attise le feu. Nous avons le droit à l’introduction habituelle en forme de bande annonce hollywoodienne.
Son arrivée sur « holding firm » provoque une euphorie collective bien bruyante avant qu’un passage mix emporte l’Elysée, il chante « humble thought ». Il lâche une nouveauté : « smoke marijuana ». Pas de répit, les tunes s’enchaînent rapidement (moins de 2 minutes par morceau) : « got it right here », « mash dem down », « simplicity », « why should I », etc. Certains reprocheront ce rythme qui empêche de profiter de leur titre favori. Lorsqu’il commence un titre, il reçoit d’énormes « forwards » de la part de son public. Les hits continuent de pleuvoir : « Praise Ye Jah » qui a un accueil spécial par les massives, « guide over us », « words of divine », « dry cry », etc. On en prend plein les oreilles et les yeux ! Chose rare, ce soir il ne pull up que très peu ses tunes pendant une bonne demi-heure où son concert est orienté nu-roots. Ce qui est également agréable, et contrairement à d’autres dates de sa tournée, il ne « s’excite » pas trop et joue sur les gammes en posant sa voix.
Le concert prend une autre tournure à l’amorce de « solid as a rock », dans une version étonnement rapide et aux accents rock. L’Elysée s’enflamme littéralement lorsqu’il débute « take it over ». Les 1200 personnes présentes rentrent en transe. Nous partons dans un bon quart d’heure dancehall avec ses tunes « karate » ou encore « get to the point ». Grosse communication avec le public qu’il fait participer et danser. Après nous avoir épuisé, il repart sur des tunes plus reggae, dont une version slow de « I was born » avant de reprendre « rise to the occasion » d’une façon hip-hop. Sa fin de concert est placée sous le signe de l’unité : C’est un message qu’il chante sur son tune « Black man in the white house » issu de son dernier album « Ghetto Youthology ». Sizzla communique d’une façon très inhabituelle (pour ceux qui ont eu l’occasion de le voir en Jamaïque, cela est flagrant) sur l’unité des « noirs-blancs ». Hypocrisie ? Peu importe, ne soyons pas l’avocat du diable et puis nous nous laissons porter par son flow impressionnant d’aisance. Nous l’aurions presque oublié, mais il vient promouvoir son dernier opus duquel il chantera également « Jah love ». La fin arrive doucement et on se laisse bercer avec « thanks and praise » ou encore « be strong ». Il est 22h20 et Sizzla quitte la scène, sans rappel, ce qui provoque quelques sifflets.
Ce soir Sizzla a mis la barre très très haut. Il est venu avec un concert carré, des vibes destructrices et un discours fédérateur où les « one love » pleuvent. Il s’agissait d’un concert de folie où les massives sont ressortis totalement éblouis par la vibe, même si un rappel aurait terminé de la plus belle des manières une soirée artistiquement réussie. S’il ne faut pas louper une tournée en fin d’année, c’est bien celle-ci.
SIZZLA CONCERT Deuxième soir 26/10/09
Lundi 26 octobre 2009, deuxième soirée d'occupation de l'Elysée Montmartre pour Sizzla!
Comme la veille, le concert affiche complet, fait peu surprenant, les massives hésitant rarement à se déplacer pour le maître Kalonji! La salle attend donc 1200 personnes ce soir.
La première partie est assurée par la Spyda Team, duo originaire des Antilles qui assure le show avec des lyrics bien travaillés posés sur des gros riddims jamaïcains comme le Dutchie Pot, le Stage Time ou encore le Istanbul. 
Mission accomplie pour les deux compères: le public est bien chauffé. La demi-heure de flottement qui s'en suit fait cependant redescendre l'ambiance.Qu'à cela ne tienne, une fois les musiciens de Sizzla installés, le show redémarre de plus belle.
C'est bien sûr le très bon Fire House Crew qui accompagne Sizzla. Ces derniers réchauffent la salle en faisant s'élever les notes de riddims classiques! On accueille d'abord Joseph Shepards puis Teflon, tous deux bobos enturbannés à la voix grave, portant ainsi l'empreinte de leur mentor Sizzla.Petite réaction du public pour le premier, meilleure pour le deuxième.Il est 21 heures passées lorsque Mister Kalonji est enfin annoncé.
Il fait une entrée triomphale, devant un public qui n'attendait que ça, avec le big tune « Holding Firm», le pull up est inévitable! S'en suit une grosse demi-heure de classiques, principalement orientée reggae, avec «Smoke di Herb», «Why Should I» avec un Java riddim merveilleusement interprété par des musiciens en forme (mention spéciale pour le bassiste!) , «Just one of those days», «Ultimate Hustler», «Woman I Need You» ou encore son tout premier tube «Praise Yeh Jah».
Le vent se met à tourner avec «Taking Over» qui nous plonge dans un quart d'heure dancehall de folie où s'enchaînent des hits comme «To the point» au refrain facile particulièrement repris en cœur par le public, «Run Out Pon Dem» sur un Applause riddim des plus entrainants, «I'm With the Girls », «No Way» également sur le Angrier Management.
Après une telle tempête, il est assez difficile de se remettre au reggae, mais ce ne sont pas les big tunes qui manquent à l'artiste, avec «Rise to the occasion», «Mash dem down», «For You» sur le classique Truths and rights, «Dem A Wonder», «One Away» et les bonnes surprises «Things will be better» et «Bless Me», excellent titres rarement joués en live!
On aura droit bien sûr à deux titres du dernier album «Ghetto Youth-ology», pour la promotion duquel cette tournée est organisée: «Jah Love» et le titre référence à Barack Obama «Black Man in the white house».
Au final, plus d'une heure et quart de show et un bilan mitigé. C'est bien entendu un plaisir non dissimulé d'entendre d'aussi belles chansons que celles proposées ce soir en live, mais l'artiste ne doit pas se reposer sur la qualité de son répertoire. En effet, on ressent par moment un manque d'engouement de sa part (la fatigue?). Son show a beaucoup changé depuis ses dernières venues en France, il ne fait plus de 'medleys' explosifs, il crie moins, prend le temps de poser sa voix et de chanter davantage. Les aigus ne sont pas toujours bons mais l'effort est là.
On regrette également le peu de place accordé au dancehall également : un quart d'heure certes très réussi mais très court.
On sent le show quelque peu «épuré», à l'image du changement de lyrics opéré lors du titre sur Obama «black and white man in the white house». Un Sizzla qui prône l'unité ? L’idée est plaisante mais on peut se demander si ce n’est pas juste pour redorer son image auprès du public européen. Ce qui est sûr c’est qu’on est bien à mille lieux de ses prestations et discours enflammés à Yard ou « Nah Apologize » est devenu un anthem.






