Blaiz Fayah - Mad Interview
interview DanceHall 5

Blaiz Fayah - Mad Interview

Blaiz Fayah est un artiste dancehall déjà bien identifié aux Antilles et connu du fait de sa présence dans pas mal de mixs. Français basé à Paris, il voyage beaucoup et cartonne aux Pays-Bas mais aussi au Costa Rica ou en Colombie. Il a sorti une mixtape Mad Ting 2 il y a quelques semaines et s'apprête à tourner en Europe l'été prochain. Il sera entre autres présents sur de gros festivals français. C'est l'occasion de nous entretenir et d'en savoir un peu plus sur un artiste dont on n'a pas fini d'entendre parler.

Reggae.fr : Peux-tu nous dire d'où tu viens et comment la musique est entrée dans ta vie ?
Blaiz Fayah : Je suis né à Paris, et je suis actuellement basé en région parisienne. Je faisais beaucoup d’allers-retours à Londres où j’ai habité quelques années, mais avec l’arrivée du Covid j’ai été contraint de freiner ces voyages. La musique a toujours été présente dans ma vie, je suis issu d’une famille de musiciens. Ma grand-mère est flutiste, mon grand-père violoncelliste et mon père est producteur/arrangeur et a accompagné beaucoup d’artistes en tant que saxophoniste tel que Johnny Hallyday, Michel Sardou, Kassav’ etc…



Tu viens de sortir Mad Ting 2, peux-tu nous présenter cette mixtape ?
Cette mixtape est vraiment une mixtape à proprement parler. Dans le sens où ce n’est pas un projet qui a été pensé en tant que tel dans un premier temps. Certains morceaux ont été enregistrés il y a un an ou plus, mais je ne pouvais pas les sortir en single comme par exemple Artist Life, Murderer, ou encore One Life. J’ai donc compilé des morceaux déjà existants mais non parus, avec des morceaux que l’on avait déjà sortis. Maintenant je prépare un album pour cette année, qui sera pensé et créé en tant que tel.

Comment et avec qui as-tu travaillé en termes de productions ?
Pour ce qui est des riddims je travaille surtout avec les gars que je connais (comme DJ Glad, Mafio House, ou autre) qui sont plus des potes que des « collaborateurs ». J’aime bien être en cercle fermé, je suis dans mon monde, ils me comprennent, j’aime leurs couleurs de son, et puis on peut se parler et se dire les choses sans que personne se vexe et ça c’est important. Mais je marche aussi au coup de cœur, par exemple pour Feelin It c’est un beatmaker néerlandais (Monq) que je ne connaissais pas avant la réception de son riddim. J’ai bien aimé, j’ai fait un son dessus. Donc je ne suis pas fermé en soit, mais c’est vrai que j’aime évoluer avec les mêmes personnes qui sont à mes côtés depuis des années, donc si je monte, ils montent et c’est important pour moi.



Tu sembles déjà plus connu outre atlantique qu'en France; Explique-nous comment s'est déroulé ton développement hors de nos contrées ?
C’est vrai que ma musique s’est pas mal exportée, et c’est aussi par le biais de la langue anglaise avec laquelle il n’y a pas de frontières. C’est d’abord au Costa Rica qu’un de mes titres à explosé. Je n’ai aucune idée de comment ça s’est passé pour être honnête, et lorsque je chante là-bas, je suis surpris de voir tout le monde chanter mes sons. J’étais en Colombie il y a peu, et c’était pareil, on m’arrête dans la rue pour prendre des photos, c’était incroyable, le soir du show on a pull up tous les sons !!! Lorsque l’on vit cela, ça motive à faire plus, et on se rend compte que le monde est grand et on en veut plus. Je pense que c’est ce qui explique aussi le fait que je sorte beaucoup de morceaux ou de clips. J’ai pas envie que ça s’arrête, et je fais tout ce que j’aime donc ça n’a pas de prix. Maintenant c’est à moi de faire en sorte que l’aventure continue, et pour ça je suis au studio tout le temps. Je collabore aussi beaucoup avec les néerlandais Tribal Kush, avec qui on a fait Bad qui est aujourd’hui mon plus gros titre. Ils avaient remixé mon titre Call The Police deux ans auparavant, qui avait eu un gros succès en Colombie d’ailleurs. Je continue donc à travailler avec eux et aussi avec Kybba (de Basshall Movement). Ils sont super carrés en termes de musique et de business et c’est important pour bien évoluer et voir à long terme.

Quelles sont tes premières influences musicales ?
Mes influences musicales sont quand même assez variées. J’ai écouté beaucoup de styles différents qui correspondaient à des périodes de ma vie.
Donc ça va du rap français avec des artistes comme Booba (Lunatic), Arsenïk etc pour ce qui est de l’époque, et aujourd’hui j’aime bien la vibe Oboy, PNL, etc.
En Rap Us je vais dire le Wu tang par exemple pour l’époque, mais aussi Tory Lanez, Drake, Lil baby, Travis Scott … Tout est très bien produit et c’est important de s’en inspirer.
Pour ce qui est de la Jamaïque la liste est vraiment trop longue. Je dois avouer que Vybz Kartel est vraiment impressionnant, en termes de créativité et en termes de carrière. Mais mes influences vont de Konshens à Masicka, Busy Signal, en passant par Mr vegas ou Buju Banton, Spice etc. Je trouve que chaque artiste a sa couleur donc j’arrive à apprécier différentes choses chez différents artistes, sans en mettre un au dessus de l’autre. Les artistes tels que Cutty Ranks, Shabba Ranks ou Junior Cat influencent aussi beaucoup mes flows.
Pour ce qui est du reggae j’ai énormément écouté de Jah Mason, Sizzla, Capleton, Junior Kelly, Jah cure, Fantan mojah et la liste est longue, tout comme j’ai beaucoup ecouté de roots comme Hugue Mandell, Horace Andy, Don carlos, The Congos, etc… En reggae dancehall lokal c’est pareil la liste est longue. J’ai beaucoup écouté Straïka D, Yaniss Odua, Tiwony, L’Homme Paille, Admiral T, Kalash, etc.
Aujourd’hui j’écoute aussi pas mal d’afro ou world music, enfin bref je vais m’arrêter là parce que je pourrais aussi vous parler du premier album d’Alicia Keys qui m’avait « gifler » à l’époque. Tout ça pour dire que je suis quand même ouvert mais c’est le dancehall qui me parle le plus. Je pense que c’est important de pas rester trop fermé, pour continuer à avoir des idées sans trop tourner en rond.



Beaucoup de tes titres sont taillés pour la danse. C'est aussi un art que tu mets en avant dans tes clips. Peux-tu nous en parler ?
C’est vrai qu’on m’attend principalement sur des morceaux clubs. La danse va avec le style de musique que je fais, et j’aime la mettre en avant. D’une parce que les danseurs sont aussi des artistes, on a besoin d’eux aussi pour les clips, les scènes etc et cela apporte une énergie que je n’ai pas si je suis seul face au public ou à la caméra. Je travaille maintenant avec un même noyau (Big Up El Angel, Vicky, et Max I see you) et je leur laisse carte blanche pour ce qui est de la création des chorées, des idées etc. J’ai full confiance et on peut se parler, dire quand on aime ou pas, tout en avançant. Il n’y a pas de guerre d’égo et ça c’est important pour avancer comme je le disais plus haut. Le fait que je mette la danse en avant sur chacun de mes clips, pousse les autres danseurs ou profs de danse à faire cours sur mes titres, et ça fait toujours plaisir à voir.

Peux tu nous parler du morceau Murderer feat. Andreia, qui est l'un des morceaux qui ne fait pas l'objet d'un clip. Mais tu chantes en collab avec cette jeune artiste cap-verdienne que nous suivons aussi. Comment s'est fait la connexion ?

Alors pour Murderer (Big Up Dj Jo pour le riddim), j’avais la mélodie en tête mais pas les paroles, et je trouvais que c’était pas terrible si je le faisais seul. Un jour on était avec Andreia au studio (comme très souvent), et je lui ai dit « vient on fait un passe-passe », j’avais tout en tête il lui restait plus qu’à interpréter et le tour était jouer. Je travaille depuis maintenant 5 Ans avec Andreia, et je suis actuellement son D.A et je compose beaucoup pour elle. Je crois beaucoup en elle et je l’ai fait travailler sur différent types de morceaux en anglais dans un premier temps puis nous sommes revenus vers sa langue maternelle (le capverdien). Travailler avec elle m’ouvre vers d’autres sonorités, que j’apprécie aussi beaucoup aussi, et je trouve donc mon équilibre entre le Shatta pour moi et le coté world music pour elle. Elle a sorti ses 3 premiers titres depuis septembre, je vous invite à aller check ce qu’elle fait !




Quel est ton meilleur souvenir durant la création et le process d'enregistrement et de clip des 11 titres de la mixtapes ?
Le clip de Bounce It, résume bien la réponse. Le tournage ne s’est pas du tout déroulé comme prévu, le clip devait être en journée, soleil, pool party, etc et on n'a pas du tout pu faire ce que l’on voulait. C’était assez compliqué à gérer et à accepter sur le coup mais à côté de ça j’ai passé ma meilleure soirée de l’année et on a quand même pu faire des rushs qui ont été complétés par la suite.


Comment vis-tu la pandémie en tant qu'artiste ?
Je vis la pandémie moyennement bien car ça commence à être long, et c’est une galère de prévoir des shows qui s’annulent non-stop. Maintenant j’essaie de pas m’apitoyer sur mon sors, et je pense que d’autres sont dans situations bien plus complexes que la mienne donc je relativise. J’en profite pour faire des nouveaux morceaux et préparer mon album.

Tu prépares une tournée actuellement, à travers le globe. Raconte-nous et surtout quand pourra-t-on te voir en Europe ? A quoi ressemble un show de Blaiz Fayah ?
Oui, j’ai mis un frein au showcases / sound systems depuis la rentrée dernière pour un petit temps, pour passer le cap des festivals. Je travaille sur le live avec Talowa qui ont une grosse expérience, ils m’accompagnent et me conseille sur la tournée. J’ai de belles échéances en Europe et ailleurs, je retourne en Mars au Costa Rica et en Colombie. Là on fait une résidence de 5 jours pour travailler le show, avec danseuses, Dj, ingé son, ingé light.. C’est un nouvel exercice pour moi, mais on essaie de créer un show cool et à mon image ! On se professionnalise tout en s’amusant, et c’est tout ce qu’on attend de nous je crois !

Par propos recueillis par LN
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